Quatre erreurs à éviter pour nommer vos personnages

Votre héros cherche un nom ? Voici quelques conseils - à ne surtout pas suivre - si vous voulez trouver le nom parfait pour vos personnages.

Si vous écrivez de la fiction, vous avez forcément été confronté au périlleux choix du nom de vos personnages.

Avec un peu de chance, votre héros a « popé » dans votre imagination directement avec son nom, son prénom, le surnom débile que lui donnent ses parents et celui beaucoup plus classe (ou pas) que lui donnaient ses amis à l’école. Mais dans bien des cas, il vous faudra chercher la perle rare, comme des parents pour leur bébé à venir. Pire, il vous faudra peut-être trouver un nom pour remplacer celui qui vous est venu spontanément à l’esprit et auquel vous vous êtes habitué mais qui, en fin de compte, ne fait pas l’affaire.

Et puis si vous officiez dans les littératures de l’imaginaire, vous allez peut-être même devoir inventer de toute pièce un nouveau prénom

Pour vous aider un peu, voici quelques conseils à ne surtout pas suivre si vous voulez trouver le nom parfait pour vos personnages.

1 – Jeter la cohérence interne aux orties

Vous avez tout à fait le droit de nommer votre héroïne Babette, même si c’est en fait une extra-terrestre dont les amis s’appellent Xptyv, Glug et Frartd.

Vraiment.

C’est votre histoire, après tout, vous faites ce que vous voulez.

Mais votre lecteur a aussi tout à fait le droit de ne pas adhérer…

De manière générale, il vaut mieux tenir compte du monde dans lequel évolue le personnage, et de ceux qui gravitent autour de lui. Bien souvent, l’idéal est de se fixer une règle pour chaque communauté présente dans votre histoire et de s’y tenir. Chaque communauté étant à définir selon divers critères propres à votre histoire : espèce, ethnie, région, niveau social, époque, etc…

Notez toutefois que cette règle peut être enfreinte s’il y a une bonne raison à cela ; après tout, peut-être que les parents de Babette étaient de grands fans de la culture terrienne et ont fait le choix de lui donner un prénom exotique…

Mais n’oubliez pas que la différence entraîne souvent des réactions : on devrait voir les camarades de Babette buter sur la prononciation, réclamer qu’elle épelle son nom, peut-être même se moquer ; et il est possible que Babette en veuille beaucoup à ses parents pour ce vilain tour qu’ils lui ont joué, ou qu’au contraire elle aie repris leur passion pour la Terre à son compte.

2 – Choisir des noms similaires

Votre héroïne s’appelle Laëtitia ; sa mère, c’est Ludmilla, son frère, Léopold, et sa meilleure amie, Lucinda. Ah, et il y a une Létitia dans sa classe, parce qu’après tout, dans la vrai vie, on a presque tous eu un homonyme dans notre classe…

Certes, tout ceci est cohérent, harmonieux… Un peu trop peut-être. Il y a fort à parier qu’au bout de deux pages, votre lecteur ne saura plus qui est qui. Et même s’il s’en sort, il risque de se lasser assez vite…

De manière générale, il veux mieux éviter les noms trop semblables. Pour cela, vous pouvez jouer sur la longueur, les sonorités, les initiales. Pensez aussi à ceux qui « photographient » les mots plus qu’ils ne les déchiffrent quand ils lisent ; des noms très différents à l’oral peuvent avoir un aspect visuel assez semblable, et donc entraîner une confusion.

Quant aux homonymes, gardez en tête que pour le lecteur, même si c’est inconscient, tout ce qu’il lit doit être « utile » ; si vous avez deux personnages avec le même nom, il vaut mieux que ça ait un impact, même minime, sur l’histoire ou sur la caractérisation des personnages, sans quoi vous risquez de frustrer votre lecteur qui s’attend à quelque chose.

3 – Viser l’originalité à tout prix

Vous voulez que votre héros se reconnaisse tout de suite ; c’est un personnage hors normes, alors il doit avoir un prénom hors normes. Dionysos, par exemple. Et ce n’est pas un problème pour un collégien en pleine campagne normande ; ses parents adorent la mythologie grecque, tout simplement.

Et ses amis méritent un nom extraordinaire aussi. Œdipe, Shah Ruck et Zénobie. Parents respectivement fans de Littérature, de films Bollywood et d’Histoire.

Un peu d’originalité, c’est bien. Trop d’originalité, ça tue l’originalité. Franchement, c’est crédible, QUATRE enfants au nom inhabituel dans la même classe ?

Et honnêtement, c’est devenu tellement courant de donner un prénom original au héros, particulièrement dans les littératures de l’imaginaire, que ça en devient un cliché

Alors oui, vous avez le droit de donner un nom original à votre héros. Mais rien ne vous y oblige ; il a aussi le droit d’avoir un prénom bateau, ça ne le rendra pas moins héroïque pour autant. Je dirais même que, au contraire, ça peut aider le lecteur à mieux s’identifier à lui.

4 – Croire que vous jouez au Scrabble (ou que vous rédigez un catalogue Ikéa)

Plus il y a de trémas et de lettres à 10 points, plus ça fait épique !

Votre héros, un guerrier nommé Wyl Klögüx, sauve la belle Ëlyhälyn de l’infame Karzögrix dans la vallée du Wör-Möllyhk…

Ouille… Outre que tout ceci est tellement original que ça en devient cliché, si vous accumulez ce genre de noms dès les premières pages vous risquez fort de perdre votre lecteur avant la fin du premier chapitre.

C’est un travers dans lequel on risque facilement de tomber dès qu’on invente ses propres noms, particulièrement dans les littératures de l’imaginaire. Je vous suggère d’ailleurs cette note de Boulet qui en est une parfaite illustration…

Un peu de sobriété ne fait de mal à personne, et votre lecteur vous en sera reconnaissant.

Petit détail qui a son importance : quand vous inventez un nom, il vaut généralement mieux veiller à ce qu’il soit prononçable. Encore une fois, le lecteur appréciera. (Surtout s’il s’aventure à lire votre histoire à voix haute…)

Evidemment, vous êtes seul maître à bord, et vous avez tout à fait le droit de faire comme bon vous semble. Ces quelques idées ne sont que des principes généraux, à adapter au cas par cas. On n’aborde pas le nom des personnages de la même manière dans un drame historique que dans une parodie de fantasy… Mais de manière générale, ces quatre points devraient vous aider à éviter pas mal d’impairs.

Pensez-vous à d’autres « conseils » à éviter en ce qui concerne le choix du nom de vos personnages ?

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